Ancelotti au PSG, à nos actes manqués

16
juillet
2017

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Catégorie : Ligue 1

Carlo-Ancelotti

Seulement six mois après l’arrivée de QSI à Paris, Leonardo parvient à recruter un des meilleurs entraîneurs au monde Carlo Ancelotti. Mais alors que le club n’a encore rien d’un grand club et que les Qataris découvrent le milieu du foot, son passage en Ligue 1 laissera un fort goût d’inachevé et l’impression d’une venue trop précoce par rapport à l’avancée du projet.

Durant l’été 2011, Colony Capital vend le PSG à un fond d’investissements nommé Qatar Sport Investment. Les qataris veulent faire de Paris une place forte du football mondial le plus vite possible. D’entrée, ils cherchent à structurer le club en donnant à Leonardo le poste de directeur sportif et en investissant sur des joueurs en devenir ou en difficulté dans leurs clubs comme Pastore, Matuidi, Menez, Sissoko puis Maxwell, Alex et Motta en janvier. Pour ce qui est du coach, le mercato étant déjà bien avancé et les mouvements très nombreux, Kombouaré est maintenu dans ses fonctions en attendant. À la trêve Paris est en tête du championnat, mais la possibilité de faire signer un coach de la dimension d’Ancelotti ne peut pas être reportée à plus tard. Kombouaré est remercié et Ancelotti intronisé. Et voilà donc que seulement six mois après le rachat du club, le PSG est dirigé par Leonardo et Jean-Claude Blanc (dont le travail dans l’ombre est immense), entraîné par Ancelotti et propriété d’un Émir ! Mais est-ce que tout n’irait pas un peu trop vite ?

Structuration et ultimatum

Dans son livre “Le leader tranquille”, Ancelotti explique avoir été surpris par l’ampleur du chantier et les habitudes au sein du club. Il raconte notamment avoir instauré un petit déjeuner et un déjeuner au centre d’entraînement pour créer un meilleur esprit de groupe, les joueurs venant jusque-là juste avant la séance d’entraînement et repartaient juste après. Le coach italien s’étonne également du traitement médiatique dont il est l’objet, prenant tous le partie de Kombouaré, mais il ne bronche pas. Paris termine deuxième du championnat mais le club progresse. De mieux en mieux structuré, Ancelotti parvient également à donner une âme à cette équipe et ce club. Une âme et un style latin que viendront accentuer, entre autres, deux recrues en provenance de l’AC Milan répondant au nom de Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva. Selon l’aveu même de Carlo ils s’imposent directement comme des patrons du vestiaire apportant leur gagne et leur culture du très haut niveau. Paris commence à se faire une place dans le foot européen mais pas assez vite selon les propriétaires qataris. Dans leur impatience les qataris, représentés par Nasser Al-Khelaifi, mettent très rapidement Ancelotti sous pression et lui fixent un ultimatum : victoire face à Porto ou la porte. La première grosse erreur de l’ère QSI. Le coach ne comprend pas une telle impatience et réclame des explications, Nasser avance l’argument d’un fond de jeu insuffisant. Carlo demande alors ce qui se passe s’ils gagnent le match, le jeu deviendra tout à coup satisfaisant ? Bien que maintenu en poste, l’avenir d’Ancelotti ne s’écrit plus à Paris ce dernier n’estimant plus avoir la confiance des dirigeants. Malgré un départ inévitable en fin de saison Paris ira déjà jusqu’en quart de finale de Champion’s League éliminé, déjà, par Barcelone mais sans perdre un match.

Une fin en eau de boudin

Paris termine donc la saison champion et quart de finaliste de Ligue des Champions. Ancelotti annonce son départ, alors que le club souhaitait le maintenir en poste, sur un sentiment de gâchis. Les résultats étaient au rendez-vous et bien que le jeu laissait encore à désirer, il était plus dû à la qualité de l’effectif qu’à la compétence de l’entraîneur. Ancelotti a pris en main un effectif d’une qualité bien inférieure à celle d’aujourd’hui où étaient encore présents Ceara, Bisevac, Bodmer, Tiene, Chantome, Lugano, Armand, Camara ou Hoarau. Le club devait encore grandir et qui de mieux qu’un entraîneur comme Ancelotti pour cela ? Avec l’effectif actuel, qui sait jusqu’où il aurait amené le club, lui qui sait mieux que quiconque tirer le maximum de ses joueurs, comme Di Maria au Real Madrid. Ce premier gros couac aura au moins eu le mérite de servir dans le futur en laissant plus de temps aux futurs entraîneurs et en leur témoignant plus de confiance. Blanc sera prolongé avant même les échéances en LdC pour renforcer sa position au club et Emery est maintenu malgré la perte du titre et une catastrophe en LdC. À défaut de faire avec Carletto, Paris aura appris de ses erreurs…

 

Crédit photo : daily-sun.com

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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