Aboubakar, le lion adopté chez les Merlus

15
février
2014

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Catégorie : Ligue 1

Indispensable à Lorient, Vincent Aboubakar a de grandes chances de se retrouver au Brésil l'été prochain. Portrait d'un lion adopté chez les Merlus.

Valencygne ne lui a pas réussi, Merlux le pousse vers le Brésil. Né à Yaoundé, ce camerounais qui se rêve en Samuel Eto’o, est devenu indispensable dans le 11 de Christian Gourcuff. Vincent Aboubakar, c’est la bonne surprise de cette saison 2013-2014, déjà auteur de 12 buts et 5 passes décisives en 24 matchs. On peint pour vous le portrait de ce joueur persévérant et réservé, à l’aube de ses plus grands succès.

Le « Cotonculteur »

Première nation africaine à atteindre les quarts de finales d’une Coupe du Monde (1990), le Cameroun est une grande nation de football qui exporte ses joueurs dans les plus grands clubs européens. Samuel Eto’o (Chelsea) se place en tête de liste mais on a aussi Alexandre Song (FC Barcelone), Nicolas N’koulou (OM), Aurélien Chedjou (Galatasaray) ou encore Joel Matip (Schalke 04). Fausse démocratie aux pratiques dictatoriales où les inégalités sont difficilement surmontables, le Cameroun fait rêver sa jeunesse par le football. Le jeune Aboubakar n’échappe pas à la règle, il jongle entre cours d’école et terrain de foot. A 14 ans, il intègre le Cotonsport Garoua, club camerounais le plus titré. A Garoua, le jeune Aboubakar s’endurcit, dans un championnat rude qui a déjà façonné de nombreuses pépites. Il plante but sur but, ce qui lui vaudra le surnom de «cotonculteur».

Le Grand saut

Le 26 mai 2010, c’est le grand saut pour Aboubakar, à 18 ans, il quitte son Cameroun natal pour l’hostile Nord-Pas-de-Calais valenciennois. Le choc  est double pour Vincent Aboubakar : climatique et culturel. Néanmoins, l’attaquant est déterminé : «Au

pays on vit en famille, là je n’ai pas le choix, je suis seul. Je dois seulement me battre» déclarait-il à son arrivée. « Poli et extrêmement timide », ce sont les mots qu’utilise son mystérieux protecteur et ami Daniel, dans «Quand l’agneau veut devenir un lion» une Web série réalisée par le VAFC. Aboubakar l’explique lui-même, ce second père est essentiel pour lui : «C’est quelque chose de très particulier. Peut-être, c’est dieu qui l’a envoyé. Il me donne toujours un mot qui me donne le moral». Le 29 mai 2010, il connait sa première sélection avec l’équipe nationale du Cameroun contre la Slovaquie en amical. Paul le Guen, sélectionneur à l’époque, l’emmène aussi en Afrique du Sud où il disputera sa première Coupe du Monde, à seulement 18 ans. 2010, c’est l’année des premières pour Aboubakar, qui inscrit son premier but en sélection le 11 Août 2010 contre la Pologne et son premier but en ligue 1 le 11 décembre 2010 contre le PSG. Il passera 3 saisons à Valenciennes avec un bilan mitigé de 9 buts en Ligue 1 et 16 buts toutes compétitions confondues. Au-delà des stats, Vincent a mûrit dans le Nord. Il n’a jamais cessé de travailler sa technique balle au pied, son physique, son jeu de tête, son placement. Aujourd’hui, le camerounais plante 12 buts en 24 matchs et relègue Radamel Falcao à 3 longueurs.

Bretagne, crachin salé et synthétique

Le déclic, c’est en Bretagne qu’il s’est fait. En fin de contrat avec le VAFC, il avait besoin de «changer d’air». Il signe un contrat de 3 Indispensable à Lorient, Vincent Aboubakar a de grandes chances de se retrouver au Brésil l'été prochain. Portrait d'un lion adopté chez les Merlus.ans fin juin 2013 au FC Lorient. Avec sa personnalité de lionceau, toujours à l’écoute, respectueux et réservé, il progresse sans cesse et devient un lion des surfaces.  Son entente avec Christian Gourcuff semble parfaite : entre eux deux, de grands silences. Silence bénéfique pour le deux hommes : «Un coach qui parle beaucoup peut nous déconcentrer et nous disperser. Celui qui parle moins regarde mieux le jeu.» déclare-t-il. N’empêche, peu importe son club, Vincent porte toujours un grand respect pour son coach : «Je ne sais pas si je peux dire ça, mais le coach m’apporte quelque chose d’infini.» C’est le genre de gamin, passionné, mais qui jamais ne fera de coup de sang, il est toujours à 100% et très appliqué. Du rab à l’entrainement, il en fait toujours. Déjà à Valenciennes, encore à Lorient. Ses coéquipiers et son entraîneur sont unanimes : « il a un grand respect pour le travail », déclarait Christian Gourcuff dans Téléfoot.

Travailleur, discret mais ambitieux

Il se rêve en successeur de Samuel Eto’o chez les Lions Indomptables. Le Brésil, il le verra, c’est en tout cas ce qu’assure son sélectionneur Volker Finke : «Actuellement, je peux dire, il va aller au Brésil». Une nouvelle que le joueur accueille, très ému : «C’est quelque chose d’historique». En pleine éclosion, le lion a un bel avenir devant lui. Lorient et son 4-4-2 produise un beau football, spontané et vif, dans lequel  Vincent s’est pleinement intégré : il est impliqué dans plus de 50% des buts lorientais. Intelligent, habille dos comme face au but, le camerounais a développé un véritable sens du jeu en Bretagne. Enchaînement contrôle-frappe, lob léché et reprise de la tête, crochet pied droit-frappe pied gauche, coup de tête croisé, piqué, c’est un attaquant complet  qui fait tourner la tête aux défenses de ligue 1. Il participe à toutes les phases de jeu, défensives ou offensives, il mène un véritable combat sur le terrain.

Révélation inattendu de cette saison 2013-2014, il faudra garder un œil sur Vincent Aboubakar en juin dans un groupe A relevé (Brésil, Mexique, Cameroun, Croatie). En supersub ou soutien de Samuel Eto’o, il répondra présent avec le professionnalisme et la qualité qu’on lui connait désormais.

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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