A la découverte du LOSC version 2016-2017

20
août
2016

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Catégorie : Ligue 1

losc

Elle n’est pas forcément jolie, elle ne fait pas toujours du bien, elle énerve parfois, mais elle manque, constamment. Non, je ne parle pas de ma petite amie, mais bel et bien de notre chère Ligue 1. Le championnat hexagonal a repris ses droits le week-end dernier et a vu le LOSC s’incliner face à Metz. Une rencontre en dents de scie à l’image de la saison à venir ? Partons à la rencontre du club de Michel Seydoux, collection 2016-2017.

Antonech’ti et fier de l’être

Novembre 2015. 14ème journée. Le LOSC pointe à une catastrophique 17ème place – il pointera même à la 18ème en décembre – et ce, malgré le vent d’optimisme soufflé par l’arrivée d’Hervé Renard et sa communication ultrabright. Résultat, le double vainqueur de la CAN est remercié et remplacé par Frederic Antonetti (après un interim de Patrick Collot face à Troyes). Retour aux fondamentaux, à un pragmatisme quasi Girardesque, à savoir un entraineur rôdé à l’élite, pas forcément réputé pour sa propension à prôner le tout offensif. Et ça fonctionne. Le LOSC vise juste au mercato hivernal et réalise une deuxième partie de saison d’exception, jonchée d’une série de 10 matchs sans défaites, et ponctuée par une finale de Coupe de la Ligue et une cinquième place.

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Le LOSC peut-il faire mieux ? Sur le papier, le podium semble toujours promis au trio PSG – Olympique Lyonnais – AS Monaco, mais plusieurs clubs peuvent jouer les trouble-fêtes : le Stade Rennais version Gourcuff père et fils, l’OGC Nice de Favre, l’ASSE, voire même les Girondins de Bordeaux au mercato particulièrement judicieux impulsé par Gourvennec et … le LOSC. On le sait, dans le football, continuité est bien souvent mère de sûreté. Frederic Antonetti, au Domaine de Luchin chez lui, peut s’appuyer sur une demi saison réussie, un groupe sensiblement similaire – on y reviendra – et un … calendrier allégé. Pas forcément un avantage cependant selon Gaëlle Laurent, correspondante à Lille pour Le Parisien / Aujourd’hui en France : « Je n’ai jamais compris et encore moins cautionné cette histoire de calendrier allégé. A part la coupe de la Ligue, qui ne sert pas à grand-chose et qui complique le calendrier en début d’année (civile), les clubs devraient être ravis de jouer sur plusieurs tableaux ! Comment font-ils à l’étranger ? Beaucoup de clubs disputent entre 50 et 60 matchs et ils préfèrent ça à un seul match par semaine. Il n’y a qu’en France où on se plaint de jouer au foot finalement… »

Mais t’es où ? Mais t’es Qabala. Mais t’es où ?

Que les étudiants se rassurent, ils pourront consacrer l’intégralité de leur jeudi soir à la Tripel Karmeliet et autres Chouffes. Et pour cause, le LOSC a gâché sa remontada au classement avec deux prestations catastrophiques face au club azéri du FC Qabala. Un match nul au Stadium (1-1) et une défaite au Stade 8km (1-0) auront eu raison des ambitions européennes lilloises. « Ca va plus loin que de la déception. On n’a jamais pris le match à l’endroit. En deuxième mi-temps, on a sombré, on n’a pas joué notre football, on a joué à l’envers. Il faudra tirer les enseignements. » expliquait le technicien lillois à LOSC TV. La Ligue 1 n’avait pas débuté que les Dogues devaient déjà se faire pardonner. Pas le meilleur moyen de préparer une saison, comme l’évoquait Renato Civelli en conférence de presse : « Oui, l’élimination m’inquiète. Laissera-t-elle des traces ? On verra. On fera tout pour évacuer cette frustration. ». Pire, les Dogues se sont inclinés lors de la première journée, après avoir mené deux fois, face au promu messin. Inquiétant ? Pas tant que ça, mais gare à la spirale négative. « On est dans l’attente d’une inversion de courbe alors que la saison vient à peine de reprendre. On verra d’ici le mois de novembre où en est cette équipe mais je vois plutôt une saison en dents de scie. Avec une fin heureuse tout de même (sourire). » explique Gaëlle Laurent.

Si le calendrier s’en retrouve allégé – adieu les déplacements au fin fond de la Russie le jeudi -, les finances lilloises s’en ressentent. Selon le site Ecofoot.fr, le manque à gagner se situerait aux alentours des 8 millions d’euros, une somme conséquente pour un club comme le LOSC, a fortiori en période de mercato estival. Heureusement pour Michel Seydoux et consort, la majeure partie du recrutement était bouclée avant l’échéance européenne. Seul Nicolas de Préville s’est engagé après la déception azérie grâce à un recrutement de type alternatif. L’ancien Rémois a signé au KV Ostende, club de Marc Coucke, actionnaire minoritaire du LOSC, avant d’être prêté dans la foulée au LOSC, avec une option d’achat en juin 2017. Prends ça la DNCG.

Lille de la tentation

L’effectif du LOSC est-il meilleur ou inférieur à celui du précédent exercice ? Au rand des départs, seuls deux joueurs majeurs sont concernés – l’expérimenté Florent Balmont, en fin de carrière, et Djibril Sidibé, parti sur la Côte d’Azur – parmi la flopée de désormais ex-Lillois (Rodelin, Frey, Koubemba, Guirassy, Meïté, Elana etc.). Quelques prêts sont également à signaler, notamment celui du jeune Alexis Araujo à Dunkerque, ou ceux de Marvin Martin, Baptiste Guillaume ou Lenny Nangis, qui tenteront de se relancer. En termes d’arrivées, on retiendra celles d’Eder, Sankharé, Sunzu, Palmieri, Arcus (transferts) et celles de De Preville et Lopes (prêts). Résultat ? 4,5 millions d’euros dépensés – le montant de la transaction pour Sankhare est inconnu – contre 20,3 millions récupérés, selon Transfermarkt.

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Beaucoup de mouvements donc, pour un effectif conséquent qui doit encore être épuré, comme l’a confirmé le Président dans l’Equipe : « on avait construit un groupe pour disputer la coupe d’Europe donc certains joueurs vont être en manque de temps de jeu. Des choix vont donc être faits pour alléger le groupe. ». Ryan Mendes, Eric Bauthéac et plusieurs jeunes à la recherche de temps de jeu (Benjamin Pavard, Romain Jamrozik, Jean Butez, Youssouf Koné) pourraient être concernés. Quid de Sofiane Boufal ? Convoité par de nombreux clubs, Sofiane Boufal pourrait rester quelques mois de plus au LOSC, la faute à une blessure au genou qui a sans doute refroidit les ardeurs – à ne pas confondre avec les hardeurs -, alors qu’il était annoncé comme le dernier départ potentiel, lui qui a officiellement un bon de sortie. Censé être de retour sur les pelouses mi-septembre, le flamboyant milieu de terrain, meilleur buteur losciste la saison passée, ne sera pas de trop.

Et pour cause, les inquiétudes relatives à la puissance offensive des Dogues sont de rigueur, notamment pour Andrew Gibney, journaliste freelance et papa de French Football Weekly : « Le LOSC manque de joueurs de qualité dans le dernier tiers. On a vu face à Metz que les éléments de complément ne pouvaient pas faire de différences dans les 20 derniers mètres. On ne pourra pas compter sur Boufal éternellement, étant donné qu’il va partir tôt ou tard. Rony Lopes pourrait réaliser une grosse saison. Il a très bien démarré contre Metz. Reste à savoir s’il peut durer sur une saison ». Outre la confirmation du talent du jeune Lusitanien, Gaëlle Laurent mise également sur l’ex-Rémois : « Je suis convaincue du gros potentiel de Nicolas De Préville. Pour moi, c’est un joueur sous-côté et sous-médiatisé qui a tenu l’équipe de Reims à bout de bras les deux dernières saisons. C’est un garçon intelligent qui a tenu à venir à Lille pour continuer sa progression. Il pourrait vraiment prendre une autre dimension en Ligue 1 cette année. »

Des hommes, des espoirs, et des scoubidou

Tactiquement en revanche, peu de changements à prévoir. L’affect de Frederic Antonetti pour le 4-3-3 devrait se confirmer. Vincent Enyeama reste indétrônable. Julian Palmieri prendra la place de Djibril Sidibé dans une défense à 4 composée de Sébastien Corchia, Renato Civelli, Marko Basa et du natif de Lyon donc. Au milieu, la révélation Ibrahim Amadou gardera son rôle de sentinelle, accompagnée un cran plus haut de Mounir Obbadi ou Younousse Sankhare et d’un meneur de jeu, rôle que pourrait tenir Rony Lopes, Morgan Amalfitano ou Sofiane Boufal. Enfin, devant, Eder sera le 9 lillois, tandis que Nicolas De Préville occupera l’aile gauche, où il aura pour mission de faire mieux que le décevant Eric Bauthéac, et Rony Lopes l’aile droite. Sur le papier, voilà à quoi devrait ressembler l’équipe type, même si les blessures récurrentes (Boufal, Basa, Lopes, Obbadi) risquent de changer la donne.

Comme chaque saison, quelques jeunes auront leur carte à jouer. Yves Bissouma (Bisso feat. Passy), Martin Terrier, Romain Jamrozik ou Lebo Mothiba auront peut-être l’opportunité de suivre les traces de l’international espoir Benjamin Pavard et découvrir l’élite hexagonale. L’attaquant sud-africain, très intéressant lors des Jeux olympiques de Rio 2016, pourrait même être la bonne surprise lilloise de la saison selon Michael, plus connu sous le nom de Kaloumero, (désormais ex) président des Go Rijsel Spirit : « Je le suis depuis deux ans, en U19 et en CFA. C’est un gros bosseur, sobre, qui ne lâche jamais rien. S’il continue sur sa lancée, il deviendra un très bon attaquant. Il y a pas mal de jeunes qui ont du talent au LOSC et qui ne demandent qu’à éclore. »

Ederzitop of the pops ?

Une arrivée en forme de point d’interrogation, raillée par les amateurs de football lusitanien. 8 mois, 13 matchs, 6 buts, 4 passes décisives en Ligue 1, et – surtout – une réalisation synonyme de titre en finale de l’Euro 2016 plus tard, Ederzito Antonio Macedo Lopes retrouve la Ligue 1 avec une toute autre dimension. Numéro 19 floqué dans le dos, l’attaquant portugais sera attendu de toute part, voire même sifflé dans certains stades, mais qu’importe, il en a vu d’autres, lui qui est avant tout reconnaissant envers le LOSC de l’avoir relancé. Andrew Gidney le voit réaliser une grosse saison : « Il a gagné en confiance et, s’il arrive à bien combiner avec Rony Lopes et Obbadi, il pourrait facilement atteindre la barre des 15 buts.En tous cas je le souhaite. » Même élan d’optimisme du côté de Gaëlle Laurent : « Il a tenté un pari fou en venant à Lille en janvier dernier et tout s’est déroulé comme prévu, voire même au-delà de ses rêves les plus fous ! Les sifflets du public, ce sont des foutaises. Il a été hué dans son propre pays, sous son maillot national, ça ne l’a pas empêché de marquer en finale… Donc oui, je le vois faire une grosse saison, à condition qu’il ne porte pas l’équipe sur ses seules épaules. »

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Titulaire indiscutable à la pointe de l’attaque lilloise, Eder manque cependant de concurrence. Seuls l’énigme Junior Tallo, voire Yassine Benzia, replacé par Antonetti comme milieu relayeur, peuvent le suppléer en cas de méforme ou de blessure. Léger. « Oui, c’est un peu ce que je crains. Derrière Eder, c’est le désert. Cela veut dire que le LOSC sera tributaire de son attaquant. On a vu l’an dernier une équipe dépendante de Boufal et cela entraîne forcément une certaine instabilité. » confirme Gaëlle Laurent, avant d’ajouter « Après, il y a l’option de Préville, qui peut évoluer aux trois postes de l’attaque. C’est une vraie force pour lui. C’est d’ailleurs pour cela qu’Antonetti le voulait. Tant que Boufal sera là, il n’est pas exclu que de Préville joue en pointe si Eder n’est pas efficace. »

Pronostics time. Faites vos jeux, rien ne va plus

La lutte pour les places européennes risque de faire rage jusqu’au bout de la saison. Le manque de concurrence offensive, la blessures redondantes, et surtout l’interrogation Boufal, pourraient pénaliser la formation lilloise, sans pour autant l’empêcher d’accrocher le top 6.

Meilleur buteur : Eder.

Plein de confiance, installé au LOSC, le Portugais devrait confirmer les espoirs désormais placés en lui. Son compteur devrait se situer aux alentours des 10 buts (en Ligue 1). Attention cependant à l’isolement en pointe de l’attaque et aux attentes démesurées.

Meilleur passeur : De Preville / Boufal.

Si Boufal reste au LOSC et retrouve ses sensations, il sera l’atout majeur des Dogues. De Préville pourrait lui aussi exceller dans ce rôle de dernier passeur. A l’aise sur coups de pied arrêtés / techniquement, le néo 12 lillois pourrait rapidement devenir indispensable.

Révélation : Rony Lopes.

Si ses pépins physiques l’épargnent, le jeune Portugais, qui a enfin connu sa première pré-saison complète avec le LOSC, risque de déséquilibrer plus d’une défense. Constamment dans l’accélération du jeu, se projetant régulièrement dans la surface adverse, jouant toujours vers l’avant, Rony Lopes a toutes les cartes en mains pour confirmer son talent et réaliser une saison de haut vol.

Auteur : Kevin Jeffries

J'ai grandi en regardant jouer les plus grands, de Dagui Bakari à Matt Moussilou en passant par Larsen Touré. Et pourtant, j'aime le beau jeu.

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