Le 3-5-2 pour les nuls

11
décembre
2016

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Catégorie : Analyse tactique / Ligue 1

3-5-2-tactique

Cette saison, pas moins de la moitié des clubs de Ligue 1 se sont essayés à la défense à cinq. Remis au goût du jour par les bonnes performances de la Juve et l’Italie de Conte, le 3-5-2 est le schéma à la mode. Alors, bonne ou mauvaise idée ?

Lyon, Marseille, Nice, St Etienne, Bastia, Dijon, Angers, Montpellier, Caen,… Tous ont mis en place au moins une fois un 3-5-2 cette saison, pour des fortunes diverses. Si le jeu de Nice ou de Lyon dans ce schéma a été plutôt attrayant, pour les autres, cette mise en place a surtout été utile pour réduire les espaces et conserver le point donné au coup d’envoi, comme trop souvent en Ligue 1. Mais le 3-5-2, c’est surtout la preuve que, plus que la disposition tactique, c’est l’animation offensive qui fait la différence.

Le bon exemple lyonnais

Des blessés ? Des suspensions ? Un match face à plus fort que soi ? Tout ça à la fois ? Mettez en place la solution magique, le 3-5-2 ! Il permet de réduire les espaces, il s’appuie sur une assise de cinq défenseurs auxquels les moins audacieux y ajouteront deux milieux défensifs pour créer un mur infranchissable ! Il paraitrait même que Donald Trump envisage de mettre ce système en place pour bloquer la frontière avec le Mexique ! Le 3-5-2, c’est merveilleux!
Blague à part, cette envolée lyrique ne traduit que trop bien l’idée fondatrice des 3-5-2 en France. Les entraineurs français ne le sortent de leur chapeau que pour parer au plus presser et n’ont pas d’idées directrices lorsqu’ils le mettent en place. Comme Marseille face au PSG, cette tactique est mise en place sans être travaillé par les équipes, et si l’animation défensive est rapide à mettre en place, l’animation offensive, celle qui permet de gagner des matchs, semble être laissée de côté.

Véritable maitre du 3-5-2 en Europe, la Juventus a affronté l’OL en phase de poule de Champions League. Pour contrer la machine turinoise, Lyon a calqué son système sur celui des italiens, pour garder une supériorité en défense et faire jeu égal au milieu. Le jeu de la Juve passe évidemment beaucoup par les côtés, mais il se construit dans l’axe grâce aux relances courtes et longues de Bonucci, qui cherche le plus rapidement ses attaquants qui trouvent ensuite un relais sur le côté. Lyon l’avait bien compris lors de ses deux matchs face aux italiens et n’avait pas pressé les défenseurs adverses, se contentant de bloquer les intervalles de passes dans l’axe, ce qui a gêné les Bianconeri durant les deux matchs. Pour l’animation défensive, tout va bien. Dans leurs phases offensives, les lyonnais se sont certes créer des occasions, mais ils ont manqué d’audace face à des turinois réduits à dix, ne changeant pas le plan de départ, ne venant pas plus au pressing des défenseurs.

Un manque de complémentarités

Ce match a montré à la fois les manques des équipes françaises lorsqu’elles utilisent le 3-5-2 mais aussi la maitrise des turinois dans ce schéma. La Juventus prouve que cette disposition tactique n’est pas que défensive, qu’il est possible de dominer le match et d’avoir la possession du ballon, d’avoir une idée fondatrice et directrice dans le jeu. Le 3-5-2 ne doit pas se transformer systématiquement en 5-3-2 comme l’a fait Marseille à Paris, en prétextant une raison ou une autre. C’est un schéma difficile à animer, qui ne peut pas s’improviser, qui demande de vraies complémentarités entre les joueurs et des qualités spécifiques. Le trio lyonnais Yanga-MBiwa – Diakhaby – Morel a-t-il les qualités pour être à la construction ? L’attaque Gomis-NJie était-elle complémentaire comme le sont Higuain-Dybala ou Pelle-Eder à l’Euro ? Les ailiers Malcuit-MBengué ont-ils les qualités tactiques et techniques pour ce rôle ? Comme trop souvent, les équipes françaises préfèrent abandonner les quelques certitudes qu’ils ont dans le jeu pour mettre en place un schéma qui n’est pas le leur et qu’ils ne maitrisent pas pour garder le 0-0 du coup d’envoi dans les grands matchs.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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