1989 : La dernière coupe de l’OM

06
janvier
2019

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Catégorie : Coupes Nationales

Jean Pierre Papin soulevant la Coupe de France le 10 juin 1989

Hiver 1989, Dimitri Payet, 2 ans, commençait à taper dans un ballon sur son île de La Réunion, Mandanda s’affirmait parmi ses copains en petite section de maternelle et Rudi Garcia tentait de s’imposer au milieu de terrain du SM Caennais aux côtés de Franck Dumas. Pendant ce temps, l’OM entrait en lice pour les 1/32ème de finale de la coupe de France face au FC Pau sur la verte pelouse du stade municipal de Biarritz, il faut dire qu’à cette époque le terrain neutre était la règle à ce stade de la compétition. Bien que les conditions climatiques (fortes pluie et vent violent) soient de nature à niveler les différences, les pensionnaires de D1 (ex ligue 1) allaient facilement l’emporter sur les Palois évoluant en D3, le national actuel (4-0).

Le début du champion’s project

Les olympiens pouvaient compter sur un duo de feu avec le jeune capitaine Jean-Pierre Papin, pour sa 3ème saison au club et Klaus Allofs, moustachu teuton à la frappe (du gauche) surpuissante. Dans le onze marseillais, Huard gardait les buts que protégeaient Di Meco, Foester et Domergue, tandis que « papa » Germain et Vercruysse commençaient leur épopée olympienne, assistés de Franck Sauzée dont on reparlera quelques mois plus tard (il offrira le titre aux olympiens sur un tir décisif face au PSG).

Cette année 1989 sera historique pour le club phocéen, puisque, outre le titre de champion récolté 17 ans après celui de 1972, la coupe de France soulevée le 10 Juin par JPP demeure, 30 ans après, la dernière conquise par l’OM, sa 10ème.

8 matches avant la finale

SI l’on ne peut pas dire que le parcours des hommes de Gili ait été très compliqué (Quimper en 16ème, Toulon en 8ème, Rennes (D2) en ¼), il aura fallu tout de même s’imposer, dans une compétition qui voyait pour la dernière fois la formule par matches aller-retour décider de la qualification. Le sort offrira l’AJ Auxerre en ½ finale, également en course alors pour la 1ère place en D1, et qui finira par s’avouer vaincu lors de la 37ème journée, octroyant le titre aux marseillais, définitivement sacrés ce soir-là (victoire 2-1 au stade Vélodrome).

A l’aller, le vélodrome n’était que peu fourni, un peu plus de 20 000 supporters virent néanmoins JPP s’élever au-dessus de la défense icaunaise pour smasher sa tête sur le centre d’Yvon Le Roux, monté aux avant-postes, et battre le gardien international Bruno Martini, dès la 11ème minute. Malgré leur 4-3-3 de légende, les hommes de Guy Roux ne purent inquiéter les olympiens, qui doublèrent la mise à la 19ème minute, par Vercruysse, s’assurant un retour confortable à l’Abbé Deschamps.

Dans l’Yonne, Allofs mit rapidement fin au suspense en ouvrant le score à la 19ème minute, les auxerrois ne purent remonter leur handicap malgré le retour de Basile Boli, dont le « combat » face à Papin persuada ce dernier de proposer son acquisition auprès de Tapie pour la saison suivante. L’opposition fut même par moments houleuse, l’entraineur Gili prit la précaution de sortir son capitaine avant le terme, afin de le préserver pour la finale.

JPP entre dans La légende

Dans l’autre demi-finale, l’AS Monaco d’Ettori, Battiston ou Hoddle, coaché par Arsène Wenger, sortait vainqueur de Sochaux aux tirs au but, une finale de haut niveau s’annonçait entre le recordman de l’épreuve et champion en titre. Cette rencontre reste une des plus belles finales de l’épreuve, avec une qualité de jeu et un scenario mémorables. En effet, 12 minutes après avoir présenté ses équipiers au président Mitterrand, JPP récupère un ballon à une trentaine de mètres, puis envoie Battiston dans le zig pour filer dans le zag et décocher une frappe croisée qui fit mouche (1-0). 10 minutes plus tard, l’attaquant international doublait la mise en reprenant un centre de Philippe Thys de la tête, un peu comme sa réalisation contre Auxerre (2-0).

Alors que l’on croyait les azuréens au fond du trou, ces derniers réduisirent le score par l’intermédiaire de leur….marseillais, Marcel Dib, d’un bel extérieur du droit,  à la demi-heure de jeu (2-1). A la pause, le match semblait indécis, d’autant que Fofana, la flèche ivoirienne monégasque, entrait en jeu pour tenter de forcer le destin. Il était cependant dit que l’homme du match portait le numéro 9, et, à la reprise, Papin, toujours lui, inscrivait un triplé dans les règles de l’Art, une frappe surpuissante en pleine course sous la barre, Ettori était battu (3-1). Le quadruplé n’avait jamais été aussi proche, mais JPP échouait sur le gardien monégasque, quelques minutes après, sur un penalty qu’il avait obtenu face à Sonor … L’ASM était sonnée, Sauzée frappait le montant, mais Allofs y allait de son but (du gauche bien sûr !), le 4ème, on craignait même une correction pour les joueurs du rocher, il restait 35 minutes à jouer !

Une “remontada” inachevée

Confiance excessive des uns, rebellions des autres, ce fut au contraire les hommes de Wenger qui allaient entamer une « remontada » inachevée, puisque Dib, encore lui, puis Amoros, sur penalty, dans les dernières minutes, ramenaient Monaco à un but (3-4). Au coup de sifflet final, force restait aux olympiens qui, déjà champions, emportaient un nouveau doublé, après celui des Skoblar, Magnusson et Bosquier, en 1972.

Rien ne saurait être refusé à JPP, héros du match, il réclama et obtint une embrassade au président Mitterrand, lors de la remise du trophée. Jamais aucun joueur n’avait été aussi proche du chef d’Etat, le boulonnais de naissance passait un cap, il recevra le ballon d’or 2 ans ½ plus tard. 30 ans, c’est long, 4 finales (1991, 2006,2007, 2016) ont depuis été perdues par l’OM, il est grand temps de rattraper tout ce temps perdu …

Auteur : Gilmon

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