La Ligue 1 dans une nouvelle ère ?

13
août
2017

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Catégorie : Ligue 1

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Ah, notre chère Ligue 1… Qu’est-ce qu’on l’aime, ce magnifique championnat, avec ses grands attaquants tels que Diabaté ou Bammou, ses joueurs de grandes classes aux noms de Jourdren et Cahuzac, ou encore ses derbys brûlants entre Metz et Nancy qui font vibrer la planète football…

Vous l’avez compris, la Ligue 1 ne fait pas rêver, notamment lorsque nous la comparons avec les grands championnats anglais, espagnols ou allemands. Mais il semblerait que le championnat français, renommé il y a peu « Ligue 1 Conforama », connaisse depuis peu un renouveau le rendant de plus en plus attractif et intéressant à suivre, sans en oublier ses quelques retards sur les autres championnats européens, voyez plutôt !

Les actionnaires étrangers arrivent en masse !

Tout le monde connait les histoires des investissements de Nasser Al-Khelaifi au Paris SG et de Dmitri Rybolovlev à l’AS Monaco. Avec la réussite de ces deux projets appuyés par des investissements financiers colossaux, il était indéniable que d’autres clubs français allaient tenter l’aventure. L’appel du gain à la fois financier et sportif a suffi pour convaincre les présidents de Nice, Marseille et Lille de vendre leurs parts à des actionnaires étrangers de différents horizons. En effet, le luxembourgeois Gérard Lopez fort (selon lui) d’une enveloppe de 500M d’euros s’est offert le LOSC, l’américain Frank McCourt a lui racheté l’OM à la famille Louis-Dreyfus promettant de débourser environ 200M d’euros en 4 ans. Enfin, c’est l’OGC Nice qui s’est lui aussi fait racheter à hauteur de 80% des parts du club par des actionnaires chinois et américains.

De tels investissements sont dû au fait que la Ligue 1 est de plus en plus attractive grâce à l’impulsion donnée par le PSG et l’ASM mais également dû au fait que les clubs sont à des prix abordables et où la possibilité de faire un bénéfice pour ces hommes d’affaires est bien présente à condition notamment que le club fasse des résultats sportifs amenant des primes pour une qualification européenne et également qu’ils empochent de hauts taux de droits TV. Ce qui risque d’alimenter une frénétique course à l’Europe et ses gains dans les saisons qui vont suivre.

Des coachs de renom…

L’ère des Girard, Antonetti, Courbis & co serait-elle finie ? Pas sûr, mais un vent étranger nouveau caresse la Ligue 1. En effet, les clubs français donnent de plus en plus leur confiance à des coachs étrangers qui ont pour la plupart déjà fait leurs preuves à l’étranger. Le premier grand coach étranger fut l’italien Carlo Ancelotti au PSG, et depuis la mode est lancée avec dans l’ordre chronologique: Ranieri (Monaco, Nantes), Bielsa (OM, Lille), Jardim (Monaco), Emery (PSG), Favre (Nice) ou encore le jeune Conceiçao (Nantes). De grands entraîneurs, forts de leurs expériences antérieures où certains ont déjà remporté de grands championnats voire même des coupes d’Europe et qui instaurent du spectacle sur les terrains de Ligue 1 en y apportant des tactiques notamment basées sur le jeu physique (Bielsa, Ranieri, Conceiçao), un aspect majeur dans un football moderne de plus en plus athlétique.

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Mais bénéficier des services de ces grands tacticiens qui rapportent beaucoup sportivement a un prix. Pour exemple, prenons l’arrivée de Claudio Ranieri au FC Nantes qui était jusque là impensable. Comment un club « lambda » de Ligue 1 a-t-il pu attirer l’ancien coach du Leicester de 2016 ? Tout simplement en faisant d’énormes sacrifices financiers, car au-delà d’un salaire de près de 350 000 euros par mois pour Ranieri (et Conceiçao auparavant), le FCN laisse désormais les pleins pouvoirs à ses coachs, et Conceiçao en a bien profité en restructurant partiellement le centre de formation et le site d’entrainement. Ce qui a forcément un gros coût financier, Ranieri pourra également bénéficier des pleins pouvoirs, tout comme Bielsa du côté du club lillois qui a d’ores et déjà facturé les demandes de restructuration d’ « El Loco » à 7 millions d’euros. Des sacrifices qui payent néanmoins très souvent sur le plan sportif. Ce ne sera donc pas étonnant de voir de nouveaux coachs étrangers de renoms arriver en France par la suite !

Un spectacle croissant ?

Il semblerait bien que la Ligue 1 soit également de plus en plus compétitive assurant un spectacle de qualité. C’est du moins ce qu’a présumé la saison 2016/2017 pour la suite. Une saison qui a vu (enfin) un nouveau champion de France après l’hégémonie du PSG depuis 4 saisons. Au-delà de voir la course au titre bien plus palpitante avec plusieurs candidats et non un seul comme depuis 4 ans, c’est bien pour la course aux places qualificatives européennes que l’intérêt du spectateur pourra se porter dans les saisons qui vont suivre. En effet, avec l’arrivée des nombreux projets sportifs et financiers, il va être normal de voir de plus en plus d’équipes se disputer l’Europe derrière (ou avec) Monaco et Paris. C’était déjà le cas cette saison avec Nice, Lyon, Marseille ou encore avec Saint-Etienne et Bordeaux. Un nombre d’équipes déjà bien conséquent auquel il ne faudra pas s’étonner si Lille, fort d’un très bon recrutement misant sur de jeunes talents tels que Pepe, Thiago Maia, El-Ghazi ou Ponce, s’ajoute à la liste des candidats à l’Europe tout comme Nantes qui s’annonce également candidat, ayant pour objectif « de faire mieux que 7ème » avec Claudio Ranieri !

Rajoutez à cela le show des quelques stars de notre championnat et des jeunes talents émergents du côté de Monaco ou de Lyon par exemple et vous avez de quoi rendre attractif un championnat parfois bien pâle… Avec notamment un Kylian Mbappé qui fait saliver la planète football, c’est tout un championnat qui profite de ce crack, encore faudra-t-il qu’il reste dans notre cher championnat une saison de plus ! De plus le parcours de son club, l’AS Monaco, en Ligue des Champions l’an passé (demi-finaliste après avoir éliminé Dortmund et Man. City) a servi de parfaite vitrine pour la Ligue 1 qui semble être un championnat capable de réussir à positionner ses clubs en tête des coupes européennes. Puisque mise à part l’ASM, c’est également l’OL qui s’est illustré l’an passé en Coupe d’Europe en allant jusqu’aux demi-finales de l’Europa League.

Néanmoins, pour les joueurs, il y a mieux que la L1…

Le championnat français attire les investissements, les coachs mais pas les joueurs… C’est bel et bien le défi principal que la Ligue 1 Conforama doit encore relever : être attrayante pour les joueurs à la fois français et étrangers. Car mise à part les quelques stars de la planète football ayant débarqué sur les bords de Seine (Zlatan, Cavani, David Luiz ou encore Dani Alves et Neymar cet été) ou sur le rocher monégasque (Falcao, James), rares sont les grands joueurs qui ont rejoint un autre club moins huppé du championnat français. En fait, on ne n’en voit que deux… « Super Mario » et Sneijder… à Nice, club qui ose sortir de l’ordinaire français. Cela prouve que la marche est encore grande pour la Ligue 1 afin qu’elle puisse concurrencer les grands championnats européens. La faute est ici causée par le fait que les clubs français ne peuvent en général s’aligner sur les prix du marché des transferts mais également sur les sommes salariales à débourser. Car même si le cas Neymar montre le contraire, il fait ressortir de très grandes disparités au sein de notre championnat.

Ainsi, le fait que la Ligue 1 n’arrive même pas à concurrencer la SuperLig Turque est la démonstration que la moyenne salariale des joueurs de Ligue 1 est bien trop basse par rapport au niveau européen. Du moins, à en suivre ce mercato estival, c’est bel et bien le triste constat que l’on peut tirer. En effet, de nombreux joueurs français (qui ont la trentaine certes, mais largement le niveau de la Ligue 1) se sont exilés de l’autre côté du détroit du Bosphore à la recherche d’un championnat tout de même assez compétitif et où les salaires sont bien plus importants qu’en France. C’est le cas de Bafé Gomis et Belhanda à Galatasaray, de Valbuena et Nabil Dirar au Fenerbahce ou de Jeremy Menez à Antalyaspor, et ajoutez-y également les quelques Ben Youssef, Diabaté, Echiejile, Riou et Boutaib. Cette difficulté à concurrencer les grands championnats et même les plus petits tel que le championnat turque porte préjudice à la L1 à différents niveaux puisque en effet le grand PSG a perdu sa bataille face au Besiktas pour attirer l’ex madrilène Pepe. Nouvelle démonstration de l’infériorité du championnat Conforama qui est loin d’être attrayant.

Autre soucis que cause ce manque de compétitivité sur le plan salarial, le fait de retenir les jeunes talents dans les pépinières françaises. Des jeunes talents qui, souvent après une bonne saison en France, quittent le cocon du club formateur pour les attrayants championnats anglais et allemands notamment. Cet été, ce fut le cas du meilleur dribbleur de L1 (selon les statistiques de la LFP) de la saison 16/17, Amine Harit (FC Nantes à Schalke 04). Des choix pas toujours bénéfiques pour ces jeunes qui n’arrivent souvent pas à s’imposer en tant que titulaires et reviennent même en Ligue 1 par la suite comme la fait Jordan Veretout, ainé de Harit au centre de la Jonelière (du FCN à Aston Villa puis ASSE)…

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La Ligue 1, ça intéresse quelqu’un ?

Stade vide et intérêt de l’étranger très minime sont les preuves que, oui, les personnes intéressées par la Ligue 1 se font rares. Ainsi la Ligue 1 présente en 2015/2016 une affluence moyenne de 20 894 spectateurs par matchs, plaçant le championnat français à la 9ème place du classement des affluences des championnats mondiaux. Un classement terrifiant lorsque l’on s’apercoit que la L1 se retrouve derrière le championnat argentin, américain, mexicain et surtout chinois. Néanmoins, une légère évolution se fait ressentir puisque lors de la saison 2016/2017, la moyenne était de 21 208 supporters. Une affluence toujours très lointaine de celles de l’Angleterre (36000/matchs) et de l’Allemagne (44000/matchs), les leaders mondiaux. Mais ce début de progression tend à s’accentuer à l’avenir notamment grâce aux grands clubs français et leurs stars puisque le PSG établit un taux de remplissage des stades à l’extérieur de 90% !

De plus, la Ligue 1 est perçue par l’étranger comme un petit championnat qui se résume vite au Paris SG et à l’AS Monaco. Il sera donc difficile voire impossible de voir un match de Ligue 1 entre Dijon et Guingamp sur une chaine télévisée étrangère par exemple.

Il faudra donc la reconnaissance de nos voisins afin de réellement appartenir au top five européen (BPL, Bundesliga, Liga, Série A, Ligue 1) comme se le revendique la Ligue 1, depuis de nombreuses années…

Crédit Photo : Paco photographie pour Footpack

Auteur : Bastien Blandin

Je suis au journalisme ce qu'était Landreau au foot dans les années 2000: un jeune nantais passionné, qui veut faire son chemin dans le milieu.

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