Excentriquement Jeunes : Allan Saint-Maximin

22
août
2017

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Catégorie : Editos

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Qui sont ces joueurs « excentriquement jeunes » ? Ce sont tout d’abord des jeunes joueurs de football, mais ça vous l’aviez compris. Et dans un football où les jeunes ont de plus en plus leurs places, il est donc fréquent de rencontrer ces minots qui sortent de l’ordinaire non pas par leurs performances mais bien par une caractéristique qu’ils présentent et qui est très souvent peu commune pour un jeune, les rendant donc excentriques.

Et pour ouvrir cette série de portraits occasionnels, quoi de mieux qu’un baroudeur, un routard, parfois même un sans papiers, un voyageur en bref. Ce jeune détient une caractéristique rarement inégalée à son âge puisqu’à seulement 20 ans et 5 mois, ce jeune porta le maillot du 5ème club professionnel de sa jeune carrière. Présentation d’un gamin de seulement 20 ans et déjà passé par Saint-Etienne, Monaco, Hanovre, Bastia et enfin Nice : Allan Saint-Maximin.

Allan Saint-Maximin, en bref

Né en banlieue parisienne le 12 mars 1997, Allan Saint-Maximin a fait ses premières gammes dans des clubs de sa région natale. En effet, il débuta à Ris-Orangis (club où est également passé Benatia) puis continua sa progression à Boulogne-Billancourt (club où sont passés Ben Arfa, Nkoudou et Augustin) en parallèle d’une formation à l’INF Clairefontaine, le centre de la fédération française. Allan présenta dès le début des capacités physiques supérieures à celles de ses jeunes comparses. Grâce à sa vitesse il put peaufiner sa technique balle au pied pour devenir le joueur que l’on connait aujourd’hui, un ailier droit très percutant quand il est lancé et un bon dribbleur aimant provoquer l’adversaire à coups de dribbles souvent très efficaces.

Son talent lui permit d’intégrer le centre de formation de l’AS Saint-Etienne en 2011 alors que le club du Forez le suivait déjà depuis plus de 4 ans. Il finit ainsi sa formation chez les Verts en remportant au passage le championnat de France des U17 en 2013 avec Jonhatan Bamba notamment. Allan avait donc tout d’un gamin ordinaire. En effet, malgré qu’il ai grappillé toutes les étapes très rapidement en jeunes avec sa montée en puissance du petit club de banlieue jusqu’au centre de formation d’un club de Ligue 1 et en passant par le célèbre Institut National du Football de Clairefontaine, il n’avait jamais réellement sauté d’étapes, ne prenant pas le risque de gâcher son talent prématurément. Mais tout s’accéléra pour Saint-Maximin le 1er juillet 2013 lorsqu’il signa son premier contrat professionnel chez les Verts à l’âge de 16 ans et 4 mois seulement.

Un jeune pas comme les autres

 

Désormais professionnel sous Galtier, Saint-Maximin joue pour Saint-Etienne à 16 ans et 6 mois son premier match chez les professionnels. Et quelle affiche pour ses débuts, puisqu’il démarra sa carrière avec un match de barrages d’Europa League à Geoffroy Guichard contre les danois d’Esbjerg. Première difficile pour Allan qui connut ici sa première défaite en pros (0-1) et une élimination qui resta dans les mémoires des stéphanois alors que le club faisait son retour sur la scène continentale après 4 années d’absence. Son petit parcours sous son premier maillot se poursuivit durant cette saison 2013/2014 avec 3 apparitions en Ligue 1 avant de connaître sa première titularisation chez les pros contre Cannes en Coupe de France à l’âge de 16 ans et 10 mois. Aucun record de précocité néanmoins pour Allan puisque Sainté à l’habitude de lancer les jeunes et y détient d’ailleurs le record du plus jeune joueur lancé parmis l’élite avec le célèbre Paganelli qui avait débuté sa carrière en 1978 à l’âge de 15 ans et 10 mois ainsi que le record du plus jeune buteur de Ligue 1 avec Laurent Roussey à l’âge de 16 ans et 5 mois. Allan est précoce, mais il y trouvera sa spécificité ailleurs, dans de nombreux voyages notamment…

Sa carrière professionnelle lancée et après une deuxième saison chez les Verts, Allan connu enfin le début de l’histoire qui fit le joueur qu’il est aujourd’hui, un baroudeur. Ainsi, tout s’accéléra et bascula pour ASM lorsque l’AS Monaco l’acheta à l’été 2015 pour la modique somme de 5 millions d’euros à l’AS Saint-Etienne. Séduit par le projet monégasque misant sur la jeunesse malgré la difficulté de se faire une place à son poste face à un crack tel que Martial, il signa tout en acceptant de se faire prêter en Allemagne au club d’Hanovre 96. Alors arrivé dans un pays étranger à seulement 18 ans, le natif de Châtenay-Malabry porta son deuxième maillot chez les pros et vécu une saison très difficile où il paya de sa non-expérience étant écarté définitivement du groupe dès la 27ème journée de championnat suite à un manque d’implication et suite à l’implication – cette fois-ci – dans un accident alors qu’il y présente un faux permis.

Au plus bas de sa jeune carrière malgré son premier but chez les pros en décembre 2015 face à Schalke, Allan retourna sur le Rocher et fut dans la foulée prêté à Bastia, troisième club professionnel duquel il porta le maillot. C’est également l’occasion pour Saint-Maximin de relancer sa carrière après l’échec allemand. La Ligue 1 découvre enfin le vrai visage de ce jeune joueur talentueux, plein de fougue et décisif au cours d’une saison complète avec 30 titularisations en 34 apparitions ainsi que 3 buts et 2 passes décisives. Une stabilité enfin trouvée qui ne durera malheureusement pas, ASM reprend son baluchon et traverse la Méditerranée sur le sens du retour en direction de Monaco, le club à qui il appartient. Il est donc enfin temps pour lui de porter le maillot monégasque – son quatrième – l’espace de 27 minutes en deux apparitions durant l’été 2017 et consécutivement lors du Trophée des Champions et lors de la première journée de Ligue 1.

Et puis Allan s’en est allé. Marre d’être envoyé au Nord puis au Sud, le joueur avait prévu son coup depuis près de 7 mois, l’aventure monégasque 2017 allait être courte pour lui. En effet, ASM et l’ASM c’est fini, il fut transféré pour la somme de 10 millions d’euros chez le voisin niçois pour y trouver du temps de jeu et une stabilité qui lui manquait tant. Voici son cinquième club professionnel à seulement 20 ans et 5 mois, pour – on l’espère – enfin poser ses valises un petit bout de temps.

 

Ce que lui apporte sa différence

À 20 ans, Allan a donc déjà connu beaucoup de choses dans le football, entre de belles réussites telles que des matchs à enjeux en coupe d’Europe notamment et des moments très difficiles avec deux relégations, il semblerait que plus rien ne puisse surprendre ce jeune joueur déjà très expérimenté… Enfin presque, puisqu’il a fallu attendre son deuxième match chez les Aiglons de l’OGC Nice pour voir qu’Allan avait encore beaucoup à vivre et à découvrir dans ce si beau monde footballistique. En effet, ce fameux second match en Rouge et Noir fut sa première en Champions League. Un barrage chez le Napoli pour commencer et y entendre son premier hymne de la LDC et voilà le gamin aux anges, tout sourire à l’écoute de cette mélodie qui hérisse les poils de toutes âmes passionnées de football. Mais les frissons passés, Saint-Maximin démontra toute son expérience du haut de ses 20 ans en étant l’un des cadres du 11 niçois qui fut totalement dépassé par la machine napolitaine très bien en place. En effet, il porta le jeu niçois faisant les bons choix et en étalant toute sa palette technique, très loin d’un Malang Sarr (18 ans et inexpérimenté avec seulement 29 matchs en pros) totalement tétanisé dans ce rendez-vous où il fallait sortir son jeu des grands soirs.

Saint-Maximin a donc désormais la maturité d’un joueur qui a déjà connu 4 saisons chez les pros, sûrement le seul avantage à commencer une carrière chez les pros à 16 ans. Car à 16 ans – en pleine adolescence – un jeune garçon doit alors accumuler les attentes et l’énorme pression mise sur son talent dans un monde footballistique sans pitié. Le meilleur moyen de « cramer » de jeunes talents sur le plan sportif lorsque ces derniers craquent mentalement ou physiquement. Des joueurs déjà perdus avant le cap de la vingtaine, il en existe énormément comme le montre cette petite liste de jeunes talents qui furent lancés trop tôt dans les affaires : Adu, Affelay, Bojan, Niang ou encore Odegaard qui ne semble pas décoller du côté de Madrid. Sans encadrements ses jeunes ne peuvent poursuivre leur croissance, n’arrivant pas à supporter cette pression sur le terrain ou en s’en écartant par des erreurs extra-sportives. Pas prêts pour le grand bain, coachs et agents ne le verrons pas, trop occupés à scruter les prouesses de ces jeunes pousses qui promettent tant. Cependant, lorsqu’ils arrivent à passer cette période difficile comme le fait Allan actuellement, c’est une vraie aubaine de compter sur cette expérience déjà acquise, ils peuvent ainsi enfin exposer leur talent à la planète football.

Serait-il donc l’heure d’Allan Saint-Maximin ? Seul le temps nous le dira mais lui en est sûr il va réussir à Nice, c’est du moins ce qu’il affirme : « Je n’ai pas la science infuse mais je suis persuadé d’avoir fait le bon choix ». La suite pour Allan se passera aux cotés de Balotelli et Sneijder, pour l’instant en Rouge et Noir, mais pour combien de temps ?

Auteur : Bastien Blandin

Je suis au journalisme ce qu'était Landreau au foot dans les années 2000: un jeune nantais passionné, qui veut faire son chemin dans le milieu.

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